Science forensique : ADN

Sommaire

Prélèvement d'un échantillon ADN à l'aide d'un écouvillon.

.La science forensique appliquée à l'ADN est la collecte et l'analyse d'échantillons ADN dans le but de faire correspondre des échantillons ADN à des individus.

L'ADN est la molécule qui contient le code génétique des organismes. Chaque cellule[1] dans un corps humain contient de l'ADN. L'ADN de chaque individu est unique, à l'exception des vrais jumeaux. Un adversaire peut comparer l'ADN d'un individu avec un échantillon ADN prélevé sur un objet ou un lieu et, s'ils correspondent, conclure que l'individu a probablement été en contact avec cet objet ou ce lieu.

Transfert

Les cellules du corps humain et l'ADN qu'elles contiennent peuvent être directement transférées du corps à l'environnement. Par exemple :

Les cellules du corps humain peuvent aussi être transférées indirectement. Par exemple, si tu touches l'extérieur d'une paire de gants avec tes doigts, puis que tu mets les gants et touches une poignée de porte, tes cellules de peau peuvent être transférées d'abord de tes doigts à l'extérieur des gants, puis de l'extérieur des gants à la poignée de porte.

Voir la section « Transfer » (Transfert) de la No Trace Project DNA Literature Review (Revue de la littérature sur l'ADN par le No Trace Project) pour plus de détails sur le transfert direct et indirect d'ADN.

Dégradation

L'ADN est très robuste et ne se dégrade pas facilement, mais peut se dégrader sous certaines conditions, par exemple en étant exposé à des températures élevées ou de l'hypochlorite de soude.

Voir la section « Degradation » (Dégradation) de la No Trace Project DNA Literature Review sur les conditions sous lesquelles l'ADN peut se dégrader.

Collecte

Un adversaire peut prélever un échantillon ADN :

Un adversaire peut utiliser des techniques pour faciliter la collecte d'ADN, comme :

Analyse

Un adversaire peut analyser un échantillon ADN pour identifier des marqueurs génétiques de l'ADN. Une telle analyse fonctionne si :

Un adversaire peut comparer deux échantillons ADN analysés avec succès pour :

Un adversaire peut aussi utiliser un seul échantillon ADN analysé avec succès pour :

Bases de données ADN

Dans de nombreux pays, l'État a des bases de données ADN contenant l'ADN de nombreux individus, souvent obtenu lors d'arrestations ou dans le cadre de condamnations.

Des pays peuvent s'échanger des données ADN via :

Voir aussi

Utilisée par les tactiques : Incrimination

Mesures d'atténuation

NomDescription
Gants

Tu peux porter des gants pour éviter de laisser de l'ADN sur les surfaces que tu touches.

Préparation minutieuse de l'action

Un adversaire peut utiliser la science forensique appliquée à l'ADN pour prélever de l'ADN sur le lieu d'une action. Pour contrer ça, tu peux préparer minutieusement l'action pour minimiser les traces ADN sur le lieu de l'action. Par exemple, tu peux :

  • Ranger tes cheveux sous un couvre-chef.
  • Si tu dois découper une clôture, faire des trous suffisamment grands pour pouvoir passer à travers sans toucher la clôture.
  • T'assurer que les surfaces sur le lieu de l'action ne soient pas touchées si ce n'est pas nécessaire, et que les surfaces avec lesquelles il faut interagir (comme une poignée de porte) soient touchées par une personne qui met en place des protocoles de minimisation de l'ADN.
  • T'assurer que rien n'est laissé sur place accidentellement comme un sac, un outil, ou quelque chose qui pourrait tomber d'une poche.
Protocoles de minimisation de l'ADN

Tu peux minimiser la quantité d'ADN que tu laisses sur une surface pour minimiser le risque qu'un adversaire puisse utiliser la science forensique appliquée à l'ADN pour aboutir à une conclusion utile à partir d'une analyse de la surface.

Utilisation dans des opérations répressives

NomDescription
Opération contre Louna

Des échantillons ADN correspondant à l'ADN de Louna ont été prélevés sur :[2]

  • Un sac poubelle et un masque chirurgical partiellement brûlés, saisis près de la pelleteuse incendiée.
  • Un short, saisi dans sa chambre d'hôpital pendant son hospitalisation.
  • Un gobelet en carton saisi lors de son entrée en garde-à-vue.
  • Une cuillère et une serviette saisies pendant sa garde-à-vue, après un repas.

Des échantillons ADN correspondant à l'ADN d'une personne ayant été vue dans les couloirs de l'hôpital demandant des nouvelles de Louna ont été prélevés sur :

  • Un short, saisi dans la chambre d'hôpital de Louna pendant son hospitalisation.
  • Un masque chirurgical retrouvé dans le short.

Des échantillons ADN non exploitables ont été prélevés sur :

  • Un marteau partiellement brûlé retrouvé dans la cabine de la pelleteuse incendiée, dont la fenêtre avait été brisée.
  • Une torche — un bout de bois avec à son extrémité un tissu imbibé de liquide inflammable — retrouvée près de la pelleteuse incendiée.
Opération contre Ruslan Siddiqi

Des échantillons ADN ont été prélevés sur des personnes vivant dans une vaste zone autour du site de l'attaque à l'explosif contre le train, y compris sur des soldats et des citoyens ukrainiens, probablement parce qu'ils étaient considérés comme de potentiels suspects.[3]

Répression du premier incendie de Jane's Revenge

En mai 2022, des échantillons ADN ont été prélevés sur plusieurs objets trouvés par les enquêteurs sur le lieu de l'action, dont une fenêtre cassée, un pot en verre, un briquet, et un cocktail Molotov intact.[4] En mars 2023, la police a vu la personne jeter un sac contenant un burrito en partie mangé dans une poubelle publique. Des échantillons ADN prélevés sur le contenu du sac correspondaient aux échantillons prélevés sur le lieu de l'action.

Répression du sabotage de l'usine Lafarge

Dans l'une des premières perquisitions, la police a insisté pour que les personnes arrêtées portent des masques chirurgicaux pour se protéger du Covid : les masques ont ensuite été saisis pour y prélever de l'ADN.[5] Une personne qui avait refusé de porter un masque s'est faite confisquer des sous-vêtements en garde-à-vue, vraisemblablement pour y prélever son ADN.[6]

Opération contre Boris

La seule preuve contre Boris était que son ADN a été trouvé sur un bouchon de bouteille au pied d'une des antennes brûlées dans le sabotage d'avril.[7]

Lorsque l'ADN d'une personne proche de Boris a été prelevé pendant une perquisition, seulement huit heures et demi se sont écoulées entre le prélèvement de l'échantillon ADN et le résultat de sa comparaison avec d'autres traces prélevées antérieurement.

Recherche d'un·e fugitive

Suite à l'attaque du bâtiment en 2020, des échantillons ADN ont été prélevés sur des morceaux de verre brisé, des stores, le trottoir à l'extérieur du bâtiment, ainsi que sur du sang retrouvé sur une bouteille d'essence à briquet et d'autres objets.[2] Il semble qu'à ce stade, les échantillons ne correspondaient à personne dans les bases de données ADN.

En 2023, la personne a été condamnée dans une autre affaire dans un État autre que la Géorgie. Dans le cadre de cette condamnation, elle a été contrainte de fournir un échantillon ADN à la police, qui a correspondu aux échantillons prélevés en 2020.

Opération de 2019-2020 contre Mónica et Francisco

L'ADN de Francisco a été trouvé sur le colis piégé envoyé à l'ancien ministre de l'Intérieur, qui a été désamorcé et n'a pas explosé.[8]

Répression contre Zündlumpen

Dans certaines des perquisitions, des échantillons ADN ont été prélevés sur un mégot de cigarette,[9] des brochures,[10] des livres, des portes, des tasses, et des machines d'impression.

Affaire de l'association de malfaiteurs de Bure

Des échantillons ADN ont été prélevées sur :[2]

  • Des objets récupérés après des manifestations, dont des feux d'artifice, des cocktails Molotov, un briquet, et des cailloux utilisés pour briser des fenêtres.
  • Des objets trouvés dans des perquisitions, dont des vêtements, des masques à gaz, des casques, et des récipients contenant de l'essence ou autres substances.

Les enquêteurs n'ont pas réussi à faire correspondre à qui que ce soit la grande majorité des échentillons ADN qu'ils ont prélevés. Les exceptions notables étaient :

  • Un échantillon ADN prélevé sur un cocktail Molotov trouvé dans une perquisition a correspondu à une personne dans le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).
  • Un échantillon ADN prélevé sur le bouchon d'un bocal contenant des matières pouvant servir à construire des engins explosifs, trouvé dans une perquisition, a correspondu à une personne dans le FNAEG.
  • Un échantillon ADN prélevé sur un briquet retrouvé après une manifestation a correspondu à une autre trace d'une affaire plus ancienne sans lien avec l'affaire en cours, mais n'a correspondu à personne dans le FNAEG.
Panico

Des traces ADN étaient la seule preuve contre l'un·e des accusé·e·s.[11]

Prometeo

Des traces ADN ont été utilisées pour condamner la personne accusée d'avoir brûlé un DAB.[12]

Renata

Après son arrestation et emprisonnement, la personne accusée de l'attaque explosive contre le siège social de Lega Nord à Trévise a refusé que son ADN soit prélevé.[13] Peu de temps après le refus de la personne, des matons ont cherché sa cellule et secrètement remplacé un peigne par un autre, vraisemblablement pour obtenir l'ADN de la personne à partir des cheveux sur le peigne qu'ils ont pris.

Scintilla

L'accusation contre Peppe était basée sur une correspondance entre des traces ADN trouvées à l'intérieur du colis piégé et son ADN prelevé sur un mégot de cigarette au cours de l'enquête.[14]

Opération à Nea Filadelphia

Les accusations contre plusieurs personnes étaient basées sur une correspondance entre leur ADN, prélevé de force en garde-à-vue, et des échantillons ADN prélevés sur des « objets mobiles » près des lieux des braquages.[15]

Opération contre Amos Mbedzi

L'ADN de Mbedzi a été retrouvé sur un coussin et un pare-soleil de la voiture utilisée pour transporter l'engin explosif jusqu'au lieu de l'explosion.[16]

Mauvaises intentions

Lors des gardes-à-vue, de l'ADN a été prélevé sur les vêtements des personnes et sur des gobelets en plastique.[17] Dans un cas, seulement neuf heures se sont écoulées entre le prélèvement d'un échantillon ADN en garde-à-vue et le résultat de sa comparaison à un autre échantillon prelevé antérieurement.

Les accusations contre une personne étaient basées sur une correspondance entre son ADN et l'ADN prelevé sur le lieu de la tentative d'incendie contre l'armoire électrique. Des échantillons ADN ont été prélevés sur un gant en latex trouvé à proximité et sur une bouteille à l'intérieur de l'armoire — qui n'a pas brûlé à cause d'un retardateur défectueux.

Les accusations contre d'autres personnes étaient basées sur une correspondance entre leur ADN et l'ADN prélevé sur une cigarette utilisée comme retardateur pour un dispositif incendiaire — le retardateur n'a pas fonctionné et a été retrouvé intact sous la dépanneuse de la police.

Scripta Manent

Des preuves ADN ont été utilisées pour condamner Alfredo Cospito.[18]